mardi 31 décembre 2019

Un cadeau de Noël pour Denis Kessler





Un cadeau de Noël pour Denis Kessler

Résultat de recherche d'images pour "denis kessler"Denis Kessler est une figure méconnue du grand public, moins médiatique qu’un Alain Minc ou un Jacques Attali, mais il est un des personnages clés de la vie économique et sociale française depuis plus de 25 ans, de ceux qui murmurent à l’oreille des gouvernants, font et défont les carrières – il a été président du club Le Siècle -, le tout en défendant une vision néo-libérale très affirmée.

Kessler a notamment été vice président du MEDEF, et il est un pilier de l’industrie de l’assurance ; il a été directeur général d’AXA et dirige le groupe SCOR – groupe  de réassurance - depuis 2002. Ce qui est intéressant avec Kessler c’est qu’il n’avance pas masqué. Dans une fameuse interview au magazine Challenges en octobre 2007 il affirmait : « Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! ». Ce que Kessler a en tête c’est le démantèlement du modèle de protection sociale français (santé, retraite, chômage), couplé à une remise en cause frontale des services publics. Il affirme un credo néo-libéral décliné dans le contexte français, qui par ailleurs permettra de servir au mieux ses intérêts personnels et ceux de ses employeurs, car un tel programme de démantèlement créera un immense appel d’air pour des produits d’assurance.
Lorsque Kessler donne cette interview il pense sans doute que le contexte est très favorable : Nicolas Sarkozy vient d’être élu, il n’a pas de grandes convictions économiques mais un réel tropisme pro-business et une proximité avec quelques grandes fortunes, comme l’illustre la fameuse soirée du Fouquet’s. En outre son premier ministre François Fillon a lui une  vision économique proche de celle de Kessler. Ce dernier pense donc que le moment néo-libéral pour la France est enfin venu.
Mais finalement ça ne sera pas le moment tant attendu, car la crise de 2008 va complètement bouleverser l’agenda économique et social de Nicolas Sarkozy ; on pare alors au plus pressé et le grand soir libéral attendra. L’Histoire peut être parfois capricieuse.

Mais les caprices de l’Histoire peuvent avoir du bon car ce que Denis Kessler rêvait de voir s’accomplir Emmanuel Macron le réalise depuis 2017 à un rythme effréné : réforme du marché du travail simplifiant les licenciements, durcissement des règles d’assurance chômage, chantier des retraites…Dans tous les cas la même logique est à l’œuvre : affaiblissement des sécurités pour les salariés, remise en cause des mécanismes de solidarité, préparation du basculement de la protection sociale (solvable) vers le privé. L’objectif est simple, il s’agit à terme de pousser l’ensemble des français qui en ont les moyens vers le monde de l’assurance et de la banque pour souscrire des contrats les protégeant contre le chômage, les problèmes de santé ou une diminution tendancielle de leurs retraites. Pour les français les plus démunis on instaurera un filet de sécurité minimal relevant de la solidarité nationale. Une fois de plus on aura privatisé les profits et nationalisé les pertes.

Résultat de recherche d'images pour "blackrock"
La réforme des retraites, dont personne ne semble capable d’expliquer la nécessité – c’est normal elle n’est pas nécessaire, en tout cas pas dans ces termes – n’obéit en fait qu’à cet objectif : ouvrir une première brèche dans le système par répartition et initier le processus qui permettra de développer la retraite par capitalisation. La loi PACTE (loi du 22 mai 2019 relative à la croissance et la transformation des entreprises dite Plan d’Action pour la Croissance et la Transformation des Entreprises, ou loi PACTE) préparait d’ailleurs le terrain avec la création d’un plan d’épargne retraite (PER), nouveau produit d’épargne retraite commercialisable dès le 1er octobre 2019. Blackrock, le géant américain de la gestion d’actifs ne s’y trompait pas d’ailleurs en publiant un petit document intitulé « Loi PACTE : le bon plan retraite »…Un bon plan retraite pour Blackrock à n’en pas douter – on notera ici que le parcours du président de Blackrock France, Jean François Cirelli, ancien haut fonctionnaire, puis dirigeant d’entreprise publique, et enfin dirigeant d’un fonds américain, est typique de cette perméabilité de plus en plus problématique entre le monde politique et le monde des affaires.

Un des éléments de la réforme des retraites qui montre de façon éclatante la volonté de toucher en profondeur au modèle hérité du CNR est celui des cotisations pour les salaires de plus de 10 000 euros. A première vue on se dit qu’une mesure qui touche 1% des français, soit les mieux rémunérés, ne pose pas de problème, mais en fait elle est injuste, insidieuse et cynique. Jusqu’à présent une cotisation retraite de 28% était prélevée sur les salaires et ce jusqu’à 324 000 euros brut de salaire annuel, soit 27 000 euros brut par mois. Cette cotisation est payée à 60% par les entreprises (cotisations patronales), et à 40% par les salariés (cotisations salariales) et permet d’acquérir des droits pour sa retraite. Point important à garder en tête : ces cotisations contribuent aux rentrées du régime général, à hauteur de 4 milliards par an environ.
Dans le futur système, le gouvernement a décidé de baisser le plafond de la cotisation. La cotisation de 28% sera payée jusqu’à 10 000 euros de salaire, et après une cotisation de 2,8% uniquement – au lien des 28% - sera prélevée et elle ne donnera pas de droits pour la retraite.
Prenons un exemple concret : un salarié touche 15 000 euros par mois. Aujourd’hui il cotisait 28% de cotisation de retraite entre 10 000 et 15 000 euros, soit 1400 euros par mois, 840 payés par l’entreprise et 560 euros par lui.  Demain il cotisera uniquement 140 euros (84 cotisées par l’entreprise, 56 par le salarié). Cela fait une énorme différence qui se traduit par un gain de 756 euros pour l’entreprise!, et de 504 euros pour le salarié.
Pour l’entreprise c’est une économie nette, en fait un cadeau. Pour le salarié c’est tout sauf un cadeau : si son salaire net va augmenter puisqu’il cotise moins il va être imposé dessus – à ces niveaux de salaire on est imposé -, donc le gain réel sera inférieur à nos 504 euros. Mais surtout auparavant il bénéficiait de 1400 euros de cotisations pour sa retraite et là plus rien.  Il va être obligé de consacrer l’intégralité du gain en salaire, et même au delà, mais cette fois de sa poche puisque l’entreprise ne cotise plus pour lui, à une retraite complémentaire sous forme de capitalisation pour espérer avoir le même niveau de pension pour sa retraite.

En résumé :
-       - on va retirer du système 4 milliards de cotisations par an !
-       - les entreprises, en majorité les très grandes car seules elles offrent des salaires supérieurs à 10 000 euros/mois, vont récupérer 60% de ces 4 milliards !
-       - les salariés gagnant plus de 10 000 euros vont gagner en salaire net mais vont perdre des droits de façon massive pour leur retraite (pour une analyse détaillée de ce sujet on peut aller sur un document de l’Institut de la Protection Sociale à partir de la page 23). Ils seront obligés de se tourner vers la capitalisation et devront consacrer beaucoup plus que leur gain de salaire pour espérer un niveau de retraite équivalent à celui du système antérieur. Il seront très largement perdants.
Le « crime est parfait » ; on appauvrit le régime général sous couvert d’un discours qui cible les hauts revenus – qui sont largement perdants -, et on ouvre grandes les portes de la capitalisation en obligeant quasiment les français à hauts revenus à se tourner vers des contrats d’assurance retraite privés. CQFD.

Résultat de recherche d'images pour "manifs retraites"

Denis Kessler passera donc d’excellentes fêtes sous les auspices de cette réforme qui est un nouvelle étape dans le démantèlement du programme du CNR qu’il appelait des ses vœux. Prochaine étape si tout va bien, l’assurance santé. 

PS Une vidéo d'Osons Causer sur le sujet des cotisations et des hauts salaires ICI 

vendredi 22 mars 2019

Jaune + Vert



Lorsque le mouvement des Gilets jaunes a démarré un des aspects emblématiques de la contestation était lié à la hausse du prix des carburants. A partir de là un contresens important avait été fait sur l’ « incompatibilité » des GJ avec des revendications « écologiques ».  En effet il n’y avait aucune volonté particulière des GJ de défendre l’utilisation des énergies fossiles mais le simple constat que leur pouvoir d’achat était durement touché par cette augmentation de l’essence, qui représente pour beaucoup d’entre eux un poste de dépense important et contraint.
 En fait on peut penser que la « conscience écologique » chez les GJ n’est ni plus ni moins élevée que dans le reste de la population, mais en revanche leur capacité à faire des arbitrages en faveur de solutions plus respectueuses de l’environnement (chauffage ou alimentation par exemple) est rendue plus difficile par leur appartenance majoritairement aux classes les moins favorisées.
Si l’on pousse le raisonnement un peu plus loin on peut même considérer qu’il y a dans le mouvement des GJ et dans la protestation globale que le sent émerger autour des thèmes environnementaux et climatiques un objectif identique; même s’il n’est pas exprimé en tant que tel par les uns ou les autres, cet objectif est celui de la remise eu cause profonde, voire radicale, du modèle de développement économique qui est celui des sociétés occidentales depuis une trentaine d’année et que j’appelle captalisme.
Résultat de recherche d'images pour "gilets jaunes ecologie"
Le captalisme est incompatible avec les aspirations à la justice sociale qui sous-tendent de nombreuses demandes des GJ – qui, autre contresens, ne veulent pas moins d’impôt, mais mieux d’impôt, c’est à dire un impôt plus juste -, car sa mise en œuvre creuse les inégalités et clive de plus en fortement nos sociétés. Le captalisme est incompatible avec des politiques de sobriété, permettant de ralentir le processus de dérèglement climatique et de sauvegarder la biodiversité. Le captalisme est incompatible avec une approche respectueuse des êtres vivants, au premier rang duquel les hommes et les femmes, car il privilégie systématiquement la possibilité de faire un profit supplémentaire au détriment de tout autre considération.
Dès lors un enjeu majeur des prochains mois sera de voir dans quelle mesure le mouvement des GJ – et les mouvements "équivalents" dans d’autres pays, dont la matrice peut être trouvée dans « Occupy Wall Street » - et les différentes initiatives atour du climat – notamment – peuvent se rejoindre. Cette « convergence des luttes » comme certains l’appellent, n’est pas une simple vue de l’esprit mais la capacité à désigner correctement la même « racine du mal ».  
Cette jonction du vert et du jaune, de la contestation économique et sociale avec la contestation écologique, constituerait alors une vraie opportunité, sans doute historique, de changement de paradigme.
Résultat de recherche d'images pour "marche climat"

vendredi 11 janvier 2019

Collapsologie


Résultat de recherche d'images pour "fin du monde"
La dernière fois que l’on a parlé – avec un certain  succès - de fin du monde c’était en l’an 2000. Les millénaristes de tous poils promettaient notre disparition et le bug de l’an 2000 planait comme une menace cachée sur nos existences. Il ne s’est rien passé, nous sommes toujours là, et nous pouvons donc à nouveau nous livrer à cet exercice, qui nous fait à la fois frissonner et un peu sourire,  qui consiste à imaginer notre fin.
Or en ce début d’année 2019 l’atmosphère générale et quelques signaux très concrets sur la dégradation très rapide (irréversible?) de notre environnement remettent le sujet au goût du jour.  Le vocable en vogue désormais est celui de « collapsologie ». Sa définition est la suivante : La collapsologie est « l’exercice transdisciplinaire d’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder, en s’appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l’intuition et sur des travaux scientifiques reconnus ». Elle est l’œuvre de Pablo Servigne et de Raphael Stevens, deux auteurs qui se présentent comme des chercheurs indépendants. Notre objet n‘est pas ici de discuter de leur thèse en détail ni d’examiner la part d’opportunisme qu’elle peut avoir (écrire en 2015 « Comment tout peut s’effondrer : Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes », pour livrer en 2018 « Une autre fin du monde est possible »), mais de saluer l’avènement d’un mot promis à un beau succès en 2019 et au-delà. Pour le dire autrement, sous nos latitudes l’idéologie du progrès ayant pris un sacré coup dans l’aile, la futurologie est devenue l’intuition et/ou la prescience d’un avenir sombre. La collapsologie c’est la futurologie du désastre – désormais inéluctable.
Ici on livrera quelques réflexions, dans différents domaines, sur ce désastre annoncé. 

DU DEREGLEMENT

Rappelons tout d’abord que les USA, c’est-à-dire le pays qui reste le plus puissant de la planète au moins pour quelques années, ont à leur tête un Président totalement imprévisible. La seule certitude sur Donald Trump est bien celle-là : personne ne sait ce qu’il peut faire, ce qu’il veut faire, ou ce qu’il fera. Cela crée un aléa majeur sur de nombreux sujets, économiques, stratégiques, militaires, alimentant une impression de chaos.  Il suffit d’aller sur son compte Twitter et de lire les messages, jusqu’à 20 par jour, pour se sentir pris dans un maelstrom éreintant. Eructations, contradictions, incohérences dominent.
Quand vous ne savez pas comment un acteur fondamental de votre environnement va se comporter, s’il va changer d’avis d’une heure à l’autre, s’il va respecter ses engagements, alors vous-même vous vous retrouvez coincé, sans possibilité d’anticiper, de prévoir et donc d’agir. Et naturellement vous pressentez ou imaginez le pire.
Beaucoup plus près de nous c’est la crise des Gilets Jaunes qui peut nous rendre pessimistes. En effet elle traduit le malaise profond d’une grande partie de la société française, et l’impasse dans laquelle nous a mené le captalisme, lorsqu’il s’agit de justice sociale, de partage des richesses et des mécanismes de prise de décisions collectives. Or, aucune réponse sérieuse n’a été apportée à ces différentes questions, et j’évoquais précédemment la côté « poudre aux yeux » des mesures annoncées par le gouvernement. Dès lors on voit se développer un mouvement qui ne trouve pas de réels débouchés avec une réponse institutionnelle de plus en plus marquée par le choix du maintien de l’ordre, tant au niveau des choix politiques qui sont faits – il faut que l’ordre établi perdure -  que dans la stratégie de gestion des manifestations – approche répressive et sécuritaire. A court terme cela ne peut mener qu’à des affrontements de plus en plus violents et une fracture accrue de la société française.

Enfin la fin du monde c’est bien sûr et surtout la conséquence du dérèglement climatique. L’année 2018 aura vu s’accumuler les rapports alarmistes comme celui du GIEC – sachant que l’objectif de limitation de l’augmentation de température de la planète de 1.5° semble désormais relever du rêve - , les éléments factuels (l’année 2018 devrait être la 4ème la plus chaude depuis la fin du XIXème sicècle,  les émissions de CO2 sont reparties à la hausse !), et les informations nous plaçant dans un grand embarras sur la conduite à tenir. A ce titre le débat qui a émergé à la fin de l’année sur l’impact écologique des voitures électriques est très intéressant. Le passage au véhicule électrique est présenté comme un des grands axes de mutation de nos sociétés pour répondre au défi du réchauffement. D’ailleurs les pouvoirs publics ont créé des incitations fortes à l’équipement électrique. Or il y a désormais un consensus pour considérer que dans l’état actuel des technologies le coût de fabrication des véhicules électriques a un impact environnemental supérieur à celui des véhicules thermiques notamment en raison de la fabrication des batteries. L’électrique ne devient intéressant qu’au bout de plusieurs années, en faisant l’hypothèse d’un kilométrage important (voir rapport de l’ADEME). 
Ainsi une conversion massive du parc automobile mondial vers l’électrique entraînerait une augmentation marginale significative des émissions de CO2, qui serait peut être compensée au bout de plusieurs années. Pour soigner, peut être, le mal on serait forcé de l’aggraver dans un premier temps. Et pour de nombreux sujets nous nous retrouvons empêtrés dans les mêmes contradictions : arrêter le nucléaire mais devoir relancer des centrales à charbon en attendant, développer le numérique dans de nombreux domaines et devoir gérer la consommation exponentielle d’électricité des data centers…
Dès lors le citoyen est perdu, désemparé, et se rend bien compte que notre mode de vie actuel ne nous permettra pas d’éviter la catastrophe. Ce n’est pas seulement en consommant mieux, différemment, en triant nos déchets, en mangeant local, en roulant électrique, en recyclant… que l’on pourra répondre au défi qui se présente à nous. Il faudra faire MOINS.

FAIRE MOINS 

Il nous faudra moins voyager, moins manger, moins utiliser d’électricité. Il nous faudra renoncer à des tas d’activités qui nous paraissent naturelles, auxquelles on ne pense même plus, si on veut réellement diminuer l’ampleur du cataclysme annoncé.  Il nous faudra y renoncer et espérer que le reste des habitants de la planète fera de même, ce qui est encore plus hypothétique. Il faudra aussi poser la question démographique car elle ne peut être occultée dans ce contexte (à ce titre l’évolution de la Chine sur le sujet de la natalité n’est pas une nouvelle très « rassurante »..).
C’est le paradigme même de « croissance » qui doit être repensé et c’est sans doute le grand chantier auquel nous devons nous astreindre. En attendant en bon « collapsologues » il faut nous préparer à la catastrophe, et la lecture du remarquable livre « Pour un Catastrophisme Eclairé » de Jean Pierre Dupuy, paru dès 2005, sera bien utile.

PS je conseille au lecteur de répondre au questionnaire disponible à cette adresse : https://www.footprintcalculator.org/  il devrait se rendre compte de l’ampleur du problème écologique.

dimanche 23 décembre 2018

Fièvre Jaune

La mobilisation des « Gilets Jaunes » (GJ) faiblit, et désormais les manifestations semblent surtout le fait de groupes d’excités où se mêlent casseurs, voyous et groupuscules extrémistes.
Ce reflux est compréhensible après plusieurs semaines de protestations et d’actions. La lassitude, l’approche des fêtes, les contraintes financières, l’engrenage des débordements et la présence de dispositifs policiers de plus en plus dissuasifs, et enfin les annonces d’Emmanuel Macron sur le pouvoir d’achat,  se conjuguent pour inciter les GJ à déserter les ronds points et les pavés.
Mais le gouvernement aurait tort de penser qu’il suffira de la « grande concertation nationale » et des mesures promises pour que tout « rentre dans l’ordre » comme il l’espère.
Résultat de recherche d'images pour "gilets jaunes"
La raison fondamentale pour laquelle le mouvement pourrait repartir de plus belle après la trêve de confiseurs tient à la faiblesse de la réponse apportée aux revendications exprimées. En effet les annonces gouvernementales sont partielles, inéquitables et injustes. Examinons les une par une…
L’augmentation du SMIC

La fameuse augmentation de 100 euros du SMIC promise par E Macron ne concernera manifestement pas tous les français payés au SMIC ; il est d’ailleurs quasiment impossible de savoir combien en bénéficieront notamment en raison des seuils liés au revenu du foyer et à la nécessité de faire la demande de la prime d’activité. Ce qui est certain en revanche c’est la complexité du dispositif imaginé puisqu’il a fallu plusieurs jours pour le comprendre !
In fine c’est peut être moins d’un « smicard » sur deux qui verra son pouvoir d’achat augmenter… Ici il convient d’ailleurs de noter que cette mesure est pour une large part l’anticipation de l’augmentation de la prime d’activité qui était déjà prévue entre 2019 et 2021.

La non augmentation de la CSG pour les retraités.

La CSG était passée de 6,6% à 8,3% pour les retraités en 2018.  Le gouvernement va revenir sur cette augmentation pour les retraités avec moins de 22580 euros de revenu fiscal de référence annuel pour une personne seule (pensions de retraite et revenus annexes) soit environ 2 000 euros par mois de revenus. Pour un couple, le seuil pour être exonéré est porté à 34 600 euros de revenu fiscal de référence. Cette mesure concernerait environ 3,5 millions de personnes. Ici nulle augmentation de pouvoir d’achat, mais une annulation d’une mesure qui venait l’amputer. Mais comme cette mesure a été prise en urgence elle n’a pas été préparée et il faudra attendre le mois de juillet pour qu’elle soit effective !

Résultat de recherche d'images pour "gilets jaunes"
Exonération des charges et de la fiscalité sur les heures supplémentaires

Ici encore il faut rappeler que l’exonération des charges salariales était déjà prévue, c’est la défiscalisation qui est l’élément nouveau.  Or pour bénéficier d’une défiscalisation il faut être fiscalisé… or seulement 43% des foyers payent l’impôt sur le revenu. Pour une majorité de français la défiscalisation ne changera donc rien. On peut même penser que la grande majorité des GJ – bien au delà de 57% - ne paye pas l’impôt sur le revenu et pour eux cette mesure ne changera donc rien.

Prime exceptionnelle défiscalisée.

Cette prime dépend d’une décision de  l’employeur et peut être versée dans la limite d’un plafond de revenus pour le salarié. Elle ne concerne pas les fonctionnaires.
Or ce sont essentiellement de très grandes entreprises qui vont la verser – notons au passage l’effet d’aubaine puisque le versement de la prime sera exonéré d’impôts et de cotisations -, c’est à dire celles au sein desquelles les salariés bénéficient déjà de conditions plus favorables que la moyenne des salariés.

Au final le seul gain réel de pouvoir d’achat sera pour environ une moitié de salariés payés au SMIC (mais ce gain correspond à une anticipation de mesures déjà prévues) et pour des salariés concentrés dans des grands groupes et déjà privilégiés.  Les  fonctionnaires et les indépendants sont les grands oubliés, et une partie de retraités reviendront simplement à la situation d’avant.

Dès lors on peut penser qu’un grand nombre de GJ, une majorité d’entre eux en fait, vont se rendre compte que les mesures annoncées ne changeront rien pour eux. En outre un certain nombre de prestations sociales (allocations familiales, pensions de retraite) ne seront pas revalorisées au 1 janvier (de façon ironique le Conseil Constitutionnel a censuré cette disposition la semaine dernière mais pas pour le budget 2019 !) entraînant de facto une baisse de pouvoir d’achat, avec une inflation autour de 2%. Tour cela ne va pas contribuer à calmer les GJ, bien au contraire. La fièvre risque de remonter.

Résultat de recherche d'images pour "fievre"

Un cadeau de Noël pour Denis Kessler

Un cadeau de Noël pour Denis Kessler Denis Kessler est une figure méconnue du grand public, moins médiatique qu’un Alain Minc ou...