vendredi 11 janvier 2019

Collapsologie


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La dernière fois que l’on a parlé – avec un certain  succès - de fin du monde c’était en l’an 2000. Les millénaristes de tous poils promettaient notre disparition et le bug de l’an 2000 planait comme une menace cachée sur nos existences. Il ne s’est rien passé, nous sommes toujours là, et nous pouvons donc à nouveau nous livrer à cet exercice, qui nous fait à la fois frissonner et un peu sourire,  qui consiste à imaginer notre fin.
Or en ce début d’année 2019 l’atmosphère générale et quelques signaux très concrets sur la dégradation très rapide (irréversible?) de notre environnement remettent le sujet au goût du jour.  Le vocable en vogue désormais est celui de « collapsologie ». Sa définition est la suivante : La collapsologie est « l’exercice transdisciplinaire d’étude de l’effondrement de notre civilisation industrielle et de ce qui pourrait lui succéder, en s’appuyant sur les deux modes cognitifs que sont la raison et l’intuition et sur des travaux scientifiques reconnus ». Elle est l’œuvre de Pablo Servigne et de Raphael Stevens, deux auteurs qui se présentent comme des chercheurs indépendants. Notre objet n‘est pas ici de discuter de leur thèse en détail ni d’examiner la part d’opportunisme qu’elle peut avoir (écrire en 2015 « Comment tout peut s’effondrer : Petit manuel de collapsologie à l’usage des générations présentes », pour livrer en 2018 « Une autre fin du monde est possible »), mais de saluer l’avènement d’un mot promis à un beau succès en 2019 et au-delà. Pour le dire autrement, sous nos latitudes l’idéologie du progrès ayant pris un sacré coup dans l’aile, la futurologie est devenue l’intuition et/ou la prescience d’un avenir sombre. La collapsologie c’est la futurologie du désastre – désormais inéluctable.
Ici on livrera quelques réflexions, dans différents domaines, sur ce désastre annoncé. 

DU DEREGLEMENT

Rappelons tout d’abord que les USA, c’est-à-dire le pays qui reste le plus puissant de la planète au moins pour quelques années, ont à leur tête un Président totalement imprévisible. La seule certitude sur Donald Trump est bien celle-là : personne ne sait ce qu’il peut faire, ce qu’il veut faire, ou ce qu’il fera. Cela crée un aléa majeur sur de nombreux sujets, économiques, stratégiques, militaires, alimentant une impression de chaos.  Il suffit d’aller sur son compte Twitter et de lire les messages, jusqu’à 20 par jour, pour se sentir pris dans un maelstrom éreintant. Eructations, contradictions, incohérences dominent.
Quand vous ne savez pas comment un acteur fondamental de votre environnement va se comporter, s’il va changer d’avis d’une heure à l’autre, s’il va respecter ses engagements, alors vous-même vous vous retrouvez coincé, sans possibilité d’anticiper, de prévoir et donc d’agir. Et naturellement vous pressentez ou imaginez le pire.
Beaucoup plus près de nous c’est la crise des Gilets Jaunes qui peut nous rendre pessimistes. En effet elle traduit le malaise profond d’une grande partie de la société française, et l’impasse dans laquelle nous a mené le captalisme, lorsqu’il s’agit de justice sociale, de partage des richesses et des mécanismes de prise de décisions collectives. Or, aucune réponse sérieuse n’a été apportée à ces différentes questions, et j’évoquais précédemment la côté « poudre aux yeux » des mesures annoncées par le gouvernement. Dès lors on voit se développer un mouvement qui ne trouve pas de réels débouchés avec une réponse institutionnelle de plus en plus marquée par le choix du maintien de l’ordre, tant au niveau des choix politiques qui sont faits – il faut que l’ordre établi perdure -  que dans la stratégie de gestion des manifestations – approche répressive et sécuritaire. A court terme cela ne peut mener qu’à des affrontements de plus en plus violents et une fracture accrue de la société française.

Enfin la fin du monde c’est bien sûr et surtout la conséquence du dérèglement climatique. L’année 2018 aura vu s’accumuler les rapports alarmistes comme celui du GIEC – sachant que l’objectif de limitation de l’augmentation de température de la planète de 1.5° semble désormais relever du rêve - , les éléments factuels (l’année 2018 devrait être la 4ème la plus chaude depuis la fin du XIXème sicècle,  les émissions de CO2 sont reparties à la hausse !), et les informations nous plaçant dans un grand embarras sur la conduite à tenir. A ce titre le débat qui a émergé à la fin de l’année sur l’impact écologique des voitures électriques est très intéressant. Le passage au véhicule électrique est présenté comme un des grands axes de mutation de nos sociétés pour répondre au défi du réchauffement. D’ailleurs les pouvoirs publics ont créé des incitations fortes à l’équipement électrique. Or il y a désormais un consensus pour considérer que dans l’état actuel des technologies le coût de fabrication des véhicules électriques a un impact environnemental supérieur à celui des véhicules thermiques notamment en raison de la fabrication des batteries. L’électrique ne devient intéressant qu’au bout de plusieurs années, en faisant l’hypothèse d’un kilométrage important (voir rapport de l’ADEME). 
Ainsi une conversion massive du parc automobile mondial vers l’électrique entraînerait une augmentation marginale significative des émissions de CO2, qui serait peut être compensée au bout de plusieurs années. Pour soigner, peut être, le mal on serait forcé de l’aggraver dans un premier temps. Et pour de nombreux sujets nous nous retrouvons empêtrés dans les mêmes contradictions : arrêter le nucléaire mais devoir relancer des centrales à charbon en attendant, développer le numérique dans de nombreux domaines et devoir gérer la consommation exponentielle d’électricité des data centers…
Dès lors le citoyen est perdu, désemparé, et se rend bien compte que notre mode de vie actuel ne nous permettra pas d’éviter la catastrophe. Ce n’est pas seulement en consommant mieux, différemment, en triant nos déchets, en mangeant local, en roulant électrique, en recyclant… que l’on pourra répondre au défi qui se présente à nous. Il faudra faire MOINS.

FAIRE MOINS 

Il nous faudra moins voyager, moins manger, moins utiliser d’électricité. Il nous faudra renoncer à des tas d’activités qui nous paraissent naturelles, auxquelles on ne pense même plus, si on veut réellement diminuer l’ampleur du cataclysme annoncé.  Il nous faudra y renoncer et espérer que le reste des habitants de la planète fera de même, ce qui est encore plus hypothétique. Il faudra aussi poser la question démographique car elle ne peut être occultée dans ce contexte (à ce titre l’évolution de la Chine sur le sujet de la natalité n’est pas une nouvelle très « rassurante »..).
C’est le paradigme même de « croissance » qui doit être repensé et c’est sans doute le grand chantier auquel nous devons nous astreindre. En attendant en bon « collapsologues » il faut nous préparer à la catastrophe, et la lecture du remarquable livre « Pour un Catastrophisme Eclairé » de Jean Pierre Dupuy, paru dès 2005, sera bien utile.

PS je conseille au lecteur de répondre au questionnaire disponible à cette adresse : https://www.footprintcalculator.org/  il devrait se rendre compte de l’ampleur du problème écologique.

dimanche 23 décembre 2018

Fièvre Jaune

La mobilisation des « Gilets Jaunes » (GJ) faiblit, et désormais les manifestations semblent surtout le fait de groupes d’excités où se mêlent casseurs, voyous et groupuscules extrémistes.
Ce reflux est compréhensible après plusieurs semaines de protestations et d’actions. La lassitude, l’approche des fêtes, les contraintes financières, l’engrenage des débordements et la présence de dispositifs policiers de plus en plus dissuasifs, et enfin les annonces d’Emmanuel Macron sur le pouvoir d’achat,  se conjuguent pour inciter les GJ à déserter les ronds points et les pavés.
Mais le gouvernement aurait tort de penser qu’il suffira de la « grande concertation nationale » et des mesures promises pour que tout « rentre dans l’ordre » comme il l’espère.
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La raison fondamentale pour laquelle le mouvement pourrait repartir de plus belle après la trêve de confiseurs tient à la faiblesse de la réponse apportée aux revendications exprimées. En effet les annonces gouvernementales sont partielles, inéquitables et injustes. Examinons les une par une…
L’augmentation du SMIC

La fameuse augmentation de 100 euros du SMIC promise par E Macron ne concernera manifestement pas tous les français payés au SMIC ; il est d’ailleurs quasiment impossible de savoir combien en bénéficieront notamment en raison des seuils liés au revenu du foyer et à la nécessité de faire la demande de la prime d’activité. Ce qui est certain en revanche c’est la complexité du dispositif imaginé puisqu’il a fallu plusieurs jours pour le comprendre !
In fine c’est peut être moins d’un « smicard » sur deux qui verra son pouvoir d’achat augmenter… Ici il convient d’ailleurs de noter que cette mesure est pour une large part l’anticipation de l’augmentation de la prime d’activité qui était déjà prévue entre 2019 et 2021.

La non augmentation de la CSG pour les retraités.

La CSG était passée de 6,6% à 8,3% pour les retraités en 2018.  Le gouvernement va revenir sur cette augmentation pour les retraités avec moins de 22580 euros de revenu fiscal de référence annuel pour une personne seule (pensions de retraite et revenus annexes) soit environ 2 000 euros par mois de revenus. Pour un couple, le seuil pour être exonéré est porté à 34 600 euros de revenu fiscal de référence. Cette mesure concernerait environ 3,5 millions de personnes. Ici nulle augmentation de pouvoir d’achat, mais une annulation d’une mesure qui venait l’amputer. Mais comme cette mesure a été prise en urgence elle n’a pas été préparée et il faudra attendre le mois de juillet pour qu’elle soit effective !

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Exonération des charges et de la fiscalité sur les heures supplémentaires

Ici encore il faut rappeler que l’exonération des charges salariales était déjà prévue, c’est la défiscalisation qui est l’élément nouveau.  Or pour bénéficier d’une défiscalisation il faut être fiscalisé… or seulement 43% des foyers payent l’impôt sur le revenu. Pour une majorité de français la défiscalisation ne changera donc rien. On peut même penser que la grande majorité des GJ – bien au delà de 57% - ne paye pas l’impôt sur le revenu et pour eux cette mesure ne changera donc rien.

Prime exceptionnelle défiscalisée.

Cette prime dépend d’une décision de  l’employeur et peut être versée dans la limite d’un plafond de revenus pour le salarié. Elle ne concerne pas les fonctionnaires.
Or ce sont essentiellement de très grandes entreprises qui vont la verser – notons au passage l’effet d’aubaine puisque le versement de la prime sera exonéré d’impôts et de cotisations -, c’est à dire celles au sein desquelles les salariés bénéficient déjà de conditions plus favorables que la moyenne des salariés.

Au final le seul gain réel de pouvoir d’achat sera pour environ une moitié de salariés payés au SMIC (mais ce gain correspond à une anticipation de mesures déjà prévues) et pour des salariés concentrés dans des grands groupes et déjà privilégiés.  Les  fonctionnaires et les indépendants sont les grands oubliés, et une partie de retraités reviendront simplement à la situation d’avant.

Dès lors on peut penser qu’un grand nombre de GJ, une majorité d’entre eux en fait, vont se rendre compte que les mesures annoncées ne changeront rien pour eux. En outre un certain nombre de prestations sociales (allocations familiales, pensions de retraite) ne seront pas revalorisées au 1 janvier (de façon ironique le Conseil Constitutionnel a censuré cette disposition la semaine dernière mais pas pour le budget 2019 !) entraînant de facto une baisse de pouvoir d’achat, avec une inflation autour de 2%. Tour cela ne va pas contribuer à calmer les GJ, bien au contraire. La fièvre risque de remonter.

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mercredi 25 juillet 2018

Notes d'été


TÉLESCOPAGE
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Il y a quelques jours la Commission Européenne a infligé une amende record de 4,3 milliards d’euros à Google. Cette amende vise à réprimer l’obligation pour les fabricants - notamment les constructeurs de smartphones -utilisant Android à pré-installer les différentes applications de Google (Gmail, Maps, Chrome..) sur leurs terminaux, créant de facto une distorsion de concurrence.
Cette condamnation – évidemment Google a décidé de faire appel retardant encore son application effective– intervient après plusieurs années de procédure et doit beaucoup à la pugnacité de la commissaire en charge du dossier, Margrethe Vestage.
Hélas le "mal "est déjà fait car en usant de ces pratiques Google a acquis une position monopolistique sur le marché des systèmes d’exploitation – à l’exception des produits Apple – et une position dominante sur de nombreux services. La sanction est beaucoup trop tardive.
Par ailleurs alors que le montant de l’amende paraît très élevé l’annonce des résultats de Google pour son dernier trimestre relative très fortement sa portée. Sur le seul deuxième trimestre 2018 la société américaine a annoncé un résultat net de 8,1 milliards de dollars soit 6,9 milliards d’euros. Pour le dire autrement l’amende représente moins de 60 jours de bénéfice…donc vraiment pas grand chose pour Google.
Trop tard, pas assez fort, le droit européen paraît bien démuni !

INSTITUTIONS
 image: Abaca
Alexandre Benalla lors de la manifestation du 1er mai à Paris.

On ne reviendra pas sur les multiples facettes de l’affaire Benalla (qui est tout autant une affaire Macron).  On se contentera de rappeler les faits établis :
-       un employé de la Présidence de la République a commis plusieurs infractions, outrepassant ses fonctions,
-       il bénéficiait de la bienveillance, voire de la complicité, de certains membres des « forces de l’ordre », en raison de sa proximité avec le Président de la République,
-       une sanction légère lui a été appliquée, et si l’affaire n’était pas sortie dans la presse, tout aurait continué comme avant,
-       le pouvoir a tout fait pour minimiser l’affaire à coup d’omissions, de demies-vérités, ou de vraies mensonges,
-       Emmanuel Macron revendique la responsabilité de l’affaire.

Or justement cette affaire met en lumière l’irresponsabilité du chef de l’Etat ; dans ce jeu de dupes qu’est devenu la Vème république le Premier Ministre est un exécutant et ce n’est pas lui qui dirige le pays. Tout se passe à l’Elysée mais l’Elysée est comme hors sol et hors d’atteinte. Plus que jamais on voit bien la nécessité de refonder nos institutions et de sortir de cette démocratie croupionne que nous voyons prospérer sous nos yeux. 

COUPE DU MONDE

La victoire paraît déjà loin. Elle aura été un beau moment de partage, de joie et d’émotion. C’est déjà ça.
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mardi 1 mai 2018

Le 1er mais

Comme chaque année la « Fête du Travail » est marquée par des défilés syndicaux, et comme chaque année le constat est implacable : les syndicats défilent chacun de leur côté,  avec des mots d’ordre disparates, en affichant leur faiblesses, comme le titre d’ailleurs « Le Monde » ce matin: « 1er Mai : démonstration de faiblesse syndicale ».
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Or, si aujourd’hui le 1er mai est pour beaucoup de nos concitoyens surtout synonyme de jour férié (instauré en 1919), il avait à l’origine pour objectif de célébrer les combats et les victoires des « travailleurs ». Il était une journée qui permettait à tous de se remémorer le « chemin accompli » dans une optique de « progrès social ». Ici il faut bien reconnaître qu’il n’y a pas de victoire récente à célébrer, les dernières avancées sociales auxquelles on pourrait penser datant du premier mandat de François Mitterrand (la retraite à 60 ans en 1982 depuis très largement remise en cause, la cinquième semaine de congés payés et les 39 heures toujours en 1982). Certains pourraient aussi invoquer l’instauration des 35 heures au début des années 2000 sous le gouvernement Jospin, mais l’application de cette mesure a été loin d’être uniforme et ses effets diversement perçus, notamment dans certains secteurs comme l’hôpital.
 
Concrètement depuis plus de 30 ans en matière de droits des salariés et d’avancées sociales le bilan est plus que maigre, et c’est plutôt à un lent détricotage des acquis qu’on a assisté ; on sait bien que ce mouvement d’affaiblissement de la protection sociale est lié à la grande offensive idéologique et politique, qu’on pourra qualifier de « néolibérale » pour simplifier, menée aux Etats-Unis et en Europe occidentale. SI cette vague néolibérale a été couronnée de succès c’est aussi parce que les formes traditionnelles d’opposition au moins-disant social se sont révélées inopérantes, infructueuses. Dans ce contexte les syndicats n’ont pas ou peu joué leur rôle de défense des salariés.

On peut penser par exemple que la/le (droit de) grève, droit qui a une valeur constitutionnelle dans notre République, est devenue un moyen d’action de moins en moins adapté (d’ailleurs le nombre de jours de grève en France baisse de façon structurelle depuis 30 ans).  Les dernières grèves qui ont « réussi » sont celles de 1995 à l’époque du gouvernement Juppé, et la grève SNCF qui a lieu actuellement ne semble pas en mesure d’infléchir la politique d’Emmanuel Macron sur le ferroviaire.
Pratiquement Il est de plus en plus difficile de faire grève et cela est très pénalisant pour les salariés (non paiement des salaires principalement, surtout dans le secteur privé). En conséquence on continue à voir des grèves dans le public et de moins en moins dans le privé, mais elles sont alors le plus souvent perçues négativement, car elles pénalisent  les usagers d’une part, et apparaissent comme l’instrument de défense de privilégiés d’autre part.
De la même façon le rôle des salariés au sein des instances de décision dans les entreprises reste marginal et il y a eu très peu d’évolutions en la matière au cours des dernières années malgré les beaux discours sur la « gouvernance éthique » ou la Responsabilité Sociale des Entreprises (on regardera avec attention ce que donnera la réflexion en cours sur l’objet social des entreprises). On peut même affirmer que la gouvernance des entreprises, surtout pour les plus grandes, au cours des dernières décennies a été encore plus déformée en faveur des actionnaires, au détriment des autres parties prenantes (salariés, clients, tiers).

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En France la situation syndicale est particulièrement mauvaise : les syndicats y sont faibles avec un taux de syndicalisation très bas, leur financement est opaque notamment en liaison avec la gestion de la formation professionnelle, et leur stratégie est avant tout défensive, particulièrement dans certains secteurs spécifiques – on pense par exemple à la SNCF. An final les syndicats français apparaissent au mieux comme décalés et au pire comme dépassés. Dans tous les cas ils sont peu représentatifs et ils sont inefficaces.
Or cette question de l’efficacité nous paraît fondamentale, d’autant plus un jour de Fête du Travail; quelles sont les formes d’action qui, en 2018, peuvent être pertinentes pour défendre les salariés et conquérir de nouveaux droits ? Quels sont les moyens d’établir un rapport de force et les conditions d’une négociation favorable aux « travailleurs » ? En un mot comment inventer de nouveaux modes et/ou de revendication de conflit qui soient légitimes, performants et réalistes ?

Il faut aborder cette question de front, ce qui a l’évidence passera par une remise en cause profonde des syndicats actuels et de leur représentativité ; on esquissera ici quelques pistes, mais pour certaines d’entre elles il faudra une impulsion politique :
·       Remise en cause des mécanismes de représentativité des syndicats, permettant l’émergence de nouvelles organisations et supprimant le monopole de fait exercé par les centrales actuelles
·       Refonte complète du financement syndical, permettant une transparence totale des fonds collectés. Le financement public doit être garanti et pérenne. Comme pour les parlementaires des mécanises de limitation des mandats dans le temps doivent être prévus.
·       Extension et approfondissement du rôle des représentants des salariés (y compris pour les entreprises de moins de 5000 salariés) au sein des organismes de gouvernance, comme les conseils d’administration. Les voix des représentants des salariés doivent représenter au minimum 20% des voix du CA et disposer d'un veto et/ou d'un droit d'alerte pour certaines décisions.
·       Mise en œuvre de nouveaux mode d’actions sur le terrain : par exemple en privilégiant les grèves du zèle qui peuvent parfois simplement signifier assurer un vrai service au client !, ou en fournissant des prestations gratuitement. Dans tous les cas il apparaît urgent d’imaginer des modalités de revendication qui associent les clients ou les usagers, et qui les pénalisent le moins possible. Dans un environnement où la bataille de l’opinion est cruciale cela est un élément clé pour la réussite des actions  qui sont menées.

Ces réflexions peuvent bien évidemment être discutées, critiquées, améliorées, mais si nous souhaitons que le 1er mai permette à nouveau de célébrer des conquêtes sociales, nous ne pourrons pas faire l’économie d’un débat sur ce sujet.

MàJ à 20h, le 1 er mai: les violences - évidemment condamnables - constatées dans le cortège de Paris vont en outre focaliser l'attention sur ce seul sujet occultant tout débat sur les aspects sociaux des manifestations du 1er mai.

Chem Assayag

Collapsologie

La dernière fois que l’on a parlé – avec un certain   succès - de fin du monde c’était en l’an 2000. Les millénaristes de tous poils prom...